Amygdalectomie

Écrit par les experts Ooreka

 

L'amygdalectomie aujourd'hui.

L'ablation des amygdales, ou amygdalectomie, est une intervention chirurgicale qui était autrefois très fréquemment employée en cas d'angines chroniques.

Elle est aujourd'hui proposée en dernier recours en cas de risques infectieux ou obstructif très importants.

Amygdalectomie : les angines concernées

Les médecins auront tendance à orienter un malade vers une amygdalectomie lorsque celui-ci présente :

  • un risque infectieux avec :
    • des angines aigües très récurrentes (plus de trois par hiver pendant deux ans consécutifs) et invalidantes au point d'entraîner d'importantes conséquences et sur la croissance et sur la scolarité d'un enfant,
    • une amygdalite chronique avec des symptômes inflammatoires présents pendant plus de trois mois et non soignée par le traitement médical prescrit,
    • une amygdale tuméfiée et suspectée de malignité,
    • une récidive de phlegmon péri-amygdalien (abcès) ;
  • un risque obstructif avec :
    • une hypertrophie (volume augmenté) des amygdales chez l'enfant, susceptible d'entraîner des problèmes de respiration, notamment la nuit,
    • une hypertrophie amygdalienne, susceptible d'entraîner des blocages alimentaires amenant à un retard staturo-pondéral (voir la courbe de croissance),
    • un syndrome d'apnée du sommeil chez l'adulte, associé à des ronflements.

On note que l'intervention chirurgicale entraîne des améliorations durables en termes d'angines dans 40 à 50 % des cas seulement.

Contre-indications à l'amygdalectomie

Bien que les médecins estiment qu'il n'y a pas de contre-indications particulières à cette intervention, il faut toutefois tenir compte des personnes :

  • présentant des troubles de la coagulation (contre-indication estimée insuffisante pour annuler une intervention) ou prenant régulièrement un traitement d'anticoagulants ;
  • ayant une fente palatine ou « bec de lièvre » (contre-indication jugée insuffisante) ;
  • présentant un état fiévreux supérieur à 38 °C (contre-indication temporaire).

Déroulement de l'intervention

L'opération consistant à enlever les amygdales est réalisée sous anesthésie générale. Une consultation auprès d'un médecin-anesthésiste-réanimateur est donc nécessaire pour préparer l'intervention.

L'acte à proprement parler consiste à retirer les amygdales en passant les instruments chirurgicaux par la bouche. Celle-ci est maintenue ouverte par un outil spécial durant toute l'intervention.

Deux techniques existent :

  • la dissection qui consiste à découper l'amygdale ;
  • la technique via un sludder qui est une espèce de guillotine qui va trancher l'amygdale d'un seul coup.

Lorsqu'une amygdale est retirée, le médecin interrompt les hémorragies déclenchées par électrocoagulation : un ustensile dans lequel passe un courant électrique est placé sur la zone à colmater.

Il est également possible de procéder à une ablation partielle qui peut quant à elle être également effectuée par électrochirurgie. À noter que le chirurgien ôtera généralement les deux amygdales même si une seule est concernée.

Amygdalectomie : la convalescence

Globalement on estime que la convalescence dure une semaine au moins. Au cours de cette période, de nombreuses recommandations sont à observer.

  • Il est important de bien se reposer pour faciliter la récupération.
  • Il faudra progressivement reprendre une activité normale en fonction de l'amélioration de son état général (il est important d'écouter son corps et de se respecter).
  • Éviter les activités physiques importantes.
  • Faire en sorte d'éviter d'entrer en contact avec des personnes malades.
  • Conserver une hygiène buccodentaire stricte : brossage de dents doux, mais régulier (attention, pas de dentifrice à la menthe si vous prenez de l'homéopathie).
  • Il faut bien s'hydrater quitte à boire petite cuillère par petite cuillère en cas de problèmes digestifs ou de douleurs.
  • Faire en sorte de favoriser les aliments frais et plutôt faciles à avaler (compotes).
  • Manger des glaces à l'eau et des sorbets (en quantité raisonnable).
  • Ne pas manger épicé ou acide.

Pour limiter la douleur, outre l'homéopathie et la consommation de glaces, il est possible de poser sur sa gorge un sac de glace pendant un quart d'heure de temps à autre.

Il est également conseillé de ne pas trop parler pendant quatre ou cinq jours pour éviter de réveiller la douleur des muscles de la gorge qui sont endoloris.

Une mauvaise haleine est normale durant les deux semaines qui suivent l'intervention. Il est très important de se brosser les dents aussi normalement que possible.

Complications possibles suite à l'opération

Pendant une à deux semaines, deux plaies persistent et entraînent une déglutition très douloureuse. Des médicaments destinés à lutter contre la douleur sont systématiquement prescrits. Ils sont préconisés pour une semaine au moins.

La douleur est particulièrement violente le matin et diminue progressivement dans la journée.

Il est également possible, suite à l'intervention :

  • de souffrir de douleurs à l'oreille ;
  • de cracher un peu de sang ;
  • d'avoir la langue ou les lèvres légèrement lésées ;
  • de souffrir de nausées et de vomissements.

Les vomissements peuvent être noirâtres, mais il ne faut pas s'en inquiéter, il s'agit de sang passé dans l'estomac et en partie digéré. Inquiétude il doit y avoir si le sang vomi est rouge. Dans ce cas, se rendre tout de suite aux urgences.

Parmi les autres complications qui peuvent survenir, mentionnons :

  • les otites ;
  • les abcès ;
  • les hémorragies ;
  • une modification de la voix est possible une fois la cicatrisation terminée ; dans ce cas, une rééducation orthophonique sera à envisager.

Cas exceptionnel, mais qui mérite d'être mentionné, une hémorragie majeure peut survenir au cours de l'opération. Si cela arrive, une opération au niveau du cou doit être réalisée en urgence afin de la stopper le plus rapidement possible.

À noter que l'opération, dans certains cas, ne permet pas de lever l'obstruction respiratoire.


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