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Le syndrome de Lemierre est une septicémie à Fusobacterium necrophorum, compliquant une angine.

Fusobacterium necrophorum est le deuxième germe responsable d’angine bactérienne, après le streptocoque hémolytique du groupe A.

Syndrome de Lemierre : généralités

Rapporté au nombre d’angines diagnostiquées par an, le syndrome de Lemierre est exceptionnel.

Fusobacterium necrophorum

Dans 60 à 90 % des cas, l’angine est due à un virus.

La mononucléose infectieuse (Epstein Baar Virus) et l’angine vésiculeuse ou herpangine (virus Coxsackie A) sont les angines virales les plus communes.

Les autres germes en cause sont majoritairement des bactéries :

  • streptocoque du groupe A ;
  • Fusobacterium necrophorum ;
  • bacille de la diphtérie ;
  • syphilis : Treponema pallidum.

Le point de départ du syndrome de Lemierre est dans la grande majorité des cas, une angine banale, à Fusobacterium necrophorum. Parfois, il s’agit d’une angine de Vincent.

Le Fusobacterium necrophorum appartient au groupe des bacilles Gram négatifs anaérobies stricts, c’est-à-dire qu’il n’a pas besoin d’oxygène pour se développer.

On observe pour ce germe, une résistance aux antibiotiques tels que l’Erythromycine, 22 % et aux Macrolides à 66 %.

Septicémie

Le tableau initial du syndrome de Lemierre est celui d’une angine banale chez des patients souvent jeunes et sans antécédent particulier.

Certains facteurs de risque ont tout de même été décrits :

  • mauvais état bucco-dentaire ;
  • tabagisme ;
  • consommation d’alcool, drogues ;
  • diabète insulinodépendant ;
  • immunodépression ;
  • cancer.

Dans les suites d’une angine banale, au bout de quelques jours, une altération de l’état général associée à de la fièvre survient, révélant une septicémie (sepsis).

Le sepsis survient parce que les défenses de l’organisme sont déréglées et ne parviennent pas à faire face correctement à l’infection. Cela entraîne le plus souvent un excès d’inflammation qui à son tour empêche les différents organes de fonctionner.

Le sepsis doit être suspecté dès que :

  • une infection est présente ;
  • la respiration s’accélère : plus de 22 cycles par minute ;
  • la tension artérielle est basse (pression systolique inférieure à 10) ;
  • la conscience s’altère : propos incohérents, perte du sens de l’orientation dans le temps ou l’espace, hallucinations, perte de reconnaissance des proches, somnolence ou au contraire agitation.

Les emboles septiques ont pour conséquences :

  • thrombose (ou occlusion) de la veine drainant la région du cou : la veine jugulaire interne, par des emboles septiques ;
  • migration d’emboles sceptiques vers le poumon, le cerveau, le foie…

La morbi mortalité du syndrome de Lemierre est importante, sachant que la septicémie, en entraînant la perte de fonction des organes, met en jeu le pronostic vital.

Symptômes et traitement du syndrome de Lemierre

Les complications du syndrome de Lemierre amèneront le malade à consulter en urgence.

Symptômes

Les symptômes rencontrés sont les suivants :

  • angine érythémateuse (rouge) ou érythémato pultacée (rouge à points blancs) ou angine de Vincent, ulcéro nécrotique (creusée) ;
  • fièvre à 39-40°C ;
  • adénopathies (ganglions) ;
  • maux de gorge intenses parfois consécutifs au développement d’un abcès ;
  • cordon cervical induré (thrombose veine jugulaire interne) ;
  • défaillance viscérale, au niveau du siège des emboles septiques : pulmonaire, abdominale, parfois neurologique et osseuse.

Certains examens sont indispensables à l’évaluation des organes touchés, dont une prise de sang avec hémocultures, un scanner thoracique ± cérébral, une échographie doppler des vaisseaux du cou ± une scintigraphie osseuse.

Traitement

Le syndrome de Lemierre nécessite une prise en charge hospitalière, voire en unité de soins intensifs.

Le traitement antibiotique doit être initié le plus rapidement possible, après prélèvements de fluides biologiques si besoin est. Il s’agit de :

  • pénicilline, associée à du métronidazole ;
  • pour une durée de 3 à 6 semaines ;
  • intraveineuse, secondairement relayée en per os (voie orale).

Un geste chirurgical est parfois nécessaire, notamment pour drainer un abcès.

Le recours à un traitement anticoagulant de plusieurs semaines se justifie afin de traiter la thrombose veineuse. Son introduction est toutefois pondérée au contrôle de l’infection car il est susceptible d’en stimuler la dissémination.

Un suivi médical régulier est primordial afin d’éviter les complications aussi graves que le syndrome de Lemierre, sur des maladies a priori bénignes.